Millicent Gaika est une lesbienne Sud Africaine courageuse. Elle a osé porter plainte contre son agresseur qui l’a battue et violée pendant cinq longues heures. L’homme, un voisin, voulait "la transformer en une femme". Il répétait: «Je sais que tu es lesbienne. Tu n'es pas un homme, tu penses que tu en es un, mais je vais te montrer que t'es une femme. Je vais te mettre enceinte. » Le viol et l'agression ont pris fin quand des voisins sont intervenus en entendant ses cris. L’agresseur a été arrêté par la police puis remit en liberté sous caution.
![]() | Millicent était en état de choc sévère et traumatisée au point de vouloir se tuer. Lorsqu’elle a pris contact avec Funda Ndumie* fondatrice de Luleki Sizwe, un groupe de soutien qui vient en aide aux lesbiennes survivantes, Millicent Gaika a décidé de témoigner. Elle a fait preuve de courage en dépit des menaces sur sa vie et de la liberté de circuler de son agresseur grâce au versement d'une caution minimum. Ce n'est hélas pas la première fois que Millicent Gaika subit un viol. Elle a été violée par quatre hommes il ya quelques années, pour les mêmes motifs et a témoigné contre eux. Condamnés à 15 ans, ils sont aujourd’hui en prison. |
Au deuxième jour de son procès, Millicent à témoigné seule face à son agresseur.
Ndumie Funda*, fondatrice et directrice de Luleki Sizwe, association venant en aide aux femmes lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles, était présente à l’audience et rapporte que pendant la pause Millicent est sortie du tribunal très en colère, les larmes coulaient. Face à ses juges Andile Ncoze (l'agresseur) n’a pas hésité à mentir en prétendant que Millicent était consentante. La foule en colère composée du comité de soutien de Millicent a pourchassé l’agresseur qui s’est réfugié dans les toilettes du Tribunal. Il a été escorté par la police à la station de taxis.
Le tribunal est en attente de preuves de la part des deux hommes qui ont secouru Millicent Gaika. L'audience est reportée au 11 février 2011. Et, pendant ce temps, l'agresseur est toujours en liberté.....
Ces viols doivent être stoppés. Combien de jeunes femmes, de lesbienne doivent mourir ?
En Afrique du Sud une personne sur 4 est contaminée par le virus du sida et beaucoup de lesbiennes contractent le virus à la suite de ces viols et certaines en sont mortes.
Les associations LGBT sud africaines interpellent le président Zuma afin qu’il lutte contre ces viols et protège les lesbiennes.
*Ndumie Funda fonde Luleki Sizwe suite à la mort d'une amie et de sa fiancée, toutes deux brutalisées et violées. Elle a réalisé qu'il était temps de faire quelque chose car rien n'est fait pour les lesbiennes noires. "C'est comme si nous étions invisibles" Elle veut aider les femmes qui ont subies les pires des violences et qui doivent vivre avec les séquelles de ces violences dont le sida. "Je suis prête à me battre pour la justice jusqu'à mon dernier souffle."
A la date de l'interview, Ndumie vivait dans sa voiture car son propriétaire l'avait mise à la porte de son logement.
Bien que Luleki Sizwe soit une petite association de Cape Town sans subvention, c'est avec force et détermination qu'elle soutien les victimes et leur famille en les aidant sur le plan juridique, alimentaire, vestimentaire et en trouvant des solutions d'hébergement.